DANCER IN THE DARK

La réalisation atypique de Lars Von Trier
A partir du film "Dancer In The Dark" de Lars Von Trier, nous allons tenter d'analyser le contraste sur lequel repose l'histoire entre le film lui-même et les comédies musicales qui l'entrecoupent. L'analyse reposera sur les thèmes de l'image - c'est à dire les techniques de prises de vues et le montage - et du son (bande originale et bande sonore), qui ont permis à Lars Von Trier de créer une atmosphère aussi spéciale, en intercalant les séquences de comédie musicale dans son film. Enfin, le personnage principal étant partagé entre la réalité (que l'on voit à sa place) et les comédies musicales, on tentera de rapprocher sa personnalité ambiguë avec l'actrice qui joue le rôle : La chanteuse islandaise Björk, qui a aussi réalisé la bande originale lors de sa première expérience cinématographique. Grâce à son savoir-faire, le réalisateur danois de "Dancer In The Dark" et également de "Les Idiots" marie les genres du drame social et de la comédie musicale pour créer une sorte de tragédie musicale.
Lars Von Trier étonne à chacun de ses films par les émotions qu'il réussit à faire ressentir aux gens : il s'appuie pour cela par une manière de filmer, (sans cesse en quête d'innovation, les comédies musicales sont ainsi filmées à l'aide de cents caméras DV), en exploitant les innovations et les techniques les plus classiques du cinéma (caméra à l'épaule).
Dés le début du film, on est plongé dans une atmosphère étrange : une musique lente accompagne les images à partir desquelles chacun pourra imaginer ce qu'il veut. On ne sait pas ce que les lignes curvilignes fermées décrivent, sur un fond tantôt uni, tantôt bariolé : ces "tâches d'huile" ne sont comparées à aucun repère, on ne sait pas si on a affaire à un gros plan, un zoom que l'on aurait pu percevoir lors d'une observation microscopique ou à un plan d'ensemble, une vue aérienne d'un désert imaginaire ou tout simplement à des toiles peintes. On se croit en apesanteur au-dessus de ces images : la caméra tourne (ou alors ce sont les images) sans but précis, très lentement. Les plans s'enchaînent en fondu enchaîné, ils se chevauchent pour s'imposer ensuite à l'écran.
Cette séquence annonce le rythme du film, très lent et décrit peut être la perception sans repère visuel que Selma a du monde ; il ne faut pas se fixer aux images mais à la musique, semble prévenir Lars Von Trier.
Un fondu au blanc, très progressif, très long nous amène tout de suite sur un gros plan de Selma : on fait connaissance avec l'héroïne. Lars Von Trier parvient à impliquer le spectateur dans son personnage grâce à de nombreux plans qui paraissent interminable : ils sont filmés à la caméra à l'épaule, de très près, de façon à ce que l'on aperçoive que le visage de Selma et plus particulièrement ses imposantes lunettes situées à mi-hauteur du cadre. On est obsédé par ses lunettes et son air simplet, on se sent ainsi mal à l'aise en face de ce personnage qui subit chaque situation (elle se fait renvoyer, accusé de meurtre…) mais pourtant Lars Von Trier parvient à ce que l'on s'attache et même parfois que l'on s'identifie à ce personnage.
La puissance du gros plan nous dérange : un gros plan paraît ainsi plus long qu'un plan large ; Lars Von Trier se sert de cette impression en prolongeant les gros plans grâce à un montage qui paraît défaillant mais qui en réalité énerve le spectateur : il est enfermé dans le cadre avec les lunettes de Selma devant lui, même quand elle parle ses lunettes attirent l'attention du spectateur. Les scènes avec les gros plans sur Selma sont filmées avec une caméra à l'épaule fixe mais on a l'impression que l'image saute : Selma est dans ce cas en train d'improviser et la scène est coupée à chaque fois que sa prestation ne satisfait pas Lars Von Trier pour reprendre à l'endroit voulu. A chaque coupure, la caméra a bougé (du fait qu'elle est à l'épaule) ce qui produit un nombre très important de sursauts de l'image. Le fait d'utiliser un montage de piètre qualité rapproche le film du cinéma amateur ou même d'un documentaire réalisé comme dans les pays ou la censure est courante : on a une qualité d'image moyenne et souvent Selma se trouve dans un endroit sombre (chez elle ou à l'usine), ce qui renforce l'impression d'enfermement dans le personnage de Selma. On se sent dans le personnage mais en même temps celui ci reste mystérieux : on ne voit jamais Selma de face, il y a soit un profil soit une vue de 3/4 face, à hauteur des yeux, ce qui évite les rapports de force, on est à sa hauteur.
Les dialogues entre Selma et les autres personnages sont filmés en plan américain, au-dessus de la ceinture des acteurs ce qui donne aux conversations une connotation dramatique : on peut à la fois voir les réactions et les gestes, les pensées et l'expression du visage des personnages.
Les quelques plans moyens ou les travellings de faible amplitude (toujours caméra à l'épaule) n'enlèvent rien à l'impression d'enfermement, on étouffe dans le cadre presque unique de Selma. Les décors sont sombres pour rendre les scènes plus tragiques : on a souvent des arrières plans unis dans les tons marron-orange des années 70, sans tableaux qui ressortent des murs, on est réduit à la triste vie de Selma. Lars Von Trier se joue du spectateur pour montrer la tristesse de Selma qui ne la fait pas ressortir franchement dans son personnage : son but lui donne une joie inébranlable de vivre, que l'on a du mal à comprendre.
L'enfermement obsédant est maîtrisé par Lars Von Trier puisqu'il offre régulièrement un plan descriptif plus large lorsque l'on voit les personnages dehors (devant l'usine, devant la maison de Selma) : il empêche le spectateur de craquer nerveusement, il lui laisse un peu de répit. Le réalisateur nous exclut du monde comme Selma car les autres personnages sont filmés sans angles fantaisistes et avec des plans moyens, qui, permettent de s'intéresser à autre chose qu'à eux (décor, paysages…) mais on ne peut s'identifier qu'à Selma, les autres personnages n'apparaissant que brièvement.
Lars Von Trier utilise une manière originale de filmer, sans se soucier des règles du cinéma moderne pour nous montrer la réalité que son héroïne ne fait que percevoir et subir, sans se rendre compte de la gravité de ce qui lui arrive.
Lars Von Trier ne peut se contenter de faire tomber le spectateur dans cette tristesse, cette mélancolie, il veut pousser la complexité des émotions en introduisant des scènes inattendues de comédie musicale.
Alors que l’on se retient de pleurer ou de crier, que Selma n’a plus d’énergie pour aller de l’avant (elle s’endort à l’usine durant le travail de nuit dont on découvre la difficulté : 2 fois moins de personnes et l’obscurité), Lars Von Trier nous propose un moment de joie totale de tous les personnages. Avant chaque comédie musicale, on a un plan américain de Selma puis un zoom très lent qui va vers le gros plan puis un fondu au noir nous transporte directement dans la comédie musicale.
Le réalisateur nous réserve alors un accueil sur un plan d’ensemble puis un plan rapproché sur Selma, qui nous donne le départ de la musique par un petit geste ; ensuite, le plan s’élargit de nouveau : on remarque qu’il y a une vingtaine de danseurs même si Selma paraît seule avant le début de la comédie musicale. Selma est au milieu des danseurs qui exécutent leur chorégraphie en mettant Selma en valeur.
C’est lors de ces scènes de comédie musicale que Lars Von Trier à utilisé pour la première fois des caméras DV : il en a disposé 100 tout autour des danseurs puis lors du montage, il est passé d’une camera à l’autre, ce qui donne une impression de travelling alors que les caméras sont fixes. Le rythme avec lequel se succèdent les images contraste avec le reste du film. Tout le monde est heureux et l’impression de vitalité, de joie, est renforcée par les mouvements amples des danseurs, qui entourent Selma, plus statique. Selma dirige l’action puisque c’est elle qui chante : elle ne subit plus puisqu’on ne voit plus sa vie mais la vie telle qu’elle l’imagine, joyeuse avec une égalité entre les personnes (elle danse avec le gardien de prison, les ouvriers, le patron...). Malheureusement les scènes ne sont qu’imaginables (Selma qui danse dans le tribunal) : Selma voit la vie et souvent elle n’a plus de lunettes, la musique est sa façon de percevoir.
Le spectateur est paisible car les plus larges plans offrent des décors lumineux alors qu’auparavant ce même décor était sombre. Toutefois, lorsqu’on est plongé dans l’atmosphère du film, ces moments de joie qui contrastent avec l’ambiance générale par leur dynamisme et leur clarté sont malvenus : on est déçu de "sortir" du film pour reprendre après l’intermède sur le même plan à partir duquel on était arrivé dans la comédie musicale.
L’impression d’espace, de liberté ne nous permet pas de nous identifier à Selma : la largeur du plan n’a qu’une valeur descriptive, on n’est pas impliqué alors que ces moments pourraient être agréables, on a du mal à imaginer que Selma pouvait être quelqu’un qui a de l’importance.
Le montage narratif suit l’ordre chronologique de l’avancement de l’histoire de Selma mais on ne possède pas de repères temporels : le film paraît long par la lenteur des séquences mais on a l’impression que les actions s’enchaînent vite. L’intemporalité est renforcée par le fait que Lars Von Trier ne nous donne pas d’indices explicites pour savoir où se déroule l’action et à quelle époque : on peut alors opposer la réalité de la caméra "documentaire " et l’intemporalité appuyée par les différentes comédies musicales qui paraissent irréelles.
C’est très habilement que Lars Von Trier joue sur ces divers paramètres comme il a réussi à nous identifier à l’héroïne : une façon plus simple de nous faire percevoir la vie comme elle aurait été de filmer en brouillé mais est-ce acceptable ?
Malgré une bonne maîtrise des techniques visuelles, Lars Von Trier à besoin de s’appuyer sur un support auditif de qualité pour produire un film qui donne des émotions aux spectateurs : c’est pourquoi il a fait appel à la chanteuse islandaise Björk, mondialement reconnue pour sa musique atypique. Comme pour l 'image, le son est différent qu’il soit pendant ou hors des comédies musicales.
Le rythme très lent du récit est dû en partie aux nombreux gros plans mais ceux ci prennent toute leur importance grâce à la trame sonore du film. C’est sans doute le domaine que Lars Von Trier a su le mieux exploiter pour surprendre le spectateur et s’éloigner des règles du cinéma conventionnel.
En effet, le procédé utilisé met en valeur l’image et seulement elle, pour mieux confondre le spectateur et Selma : il est obligé de se fixer sur les gros plans du visage de l’héroïne car rien d’autre n’est présent pour le divertir. Là où l’on se met à écouter la bande sonore dans des passages lassants d’autres films, Lars Von Trier répond par des images dérangeantes et silencieuses : il n’y a pas de musique pour accompagner Selma face à ses difficultés.
On est seulement guidé par les images proposées par le réalisateur alors que le cinéma classique, les aspects visuels et sonores occupent une place équivalente. L'agacement provoqué par "Dancer In The Dark" provient des interminables silences qui accompagnent les plans immobiles : on a l'habitude que la musique nous guide dans le déroulement de l'histoire. Chaque situation est prévisible, annoncée par un genre de musique immédiatement identifiable par le spectateur. Celui ci se prépare alors à s'apaiser lorsqu'il entend des violons jouer lentement, à pleurer lorsque la musique tombe dans les graves, à être attentif lorsque le suspense arrive.
La musique et l'image forment un tout : Une image sans musique paraît trop réelle, naturelle à l'intérieur d'un film, elle n'a pas toute sa signification, on se rapproche du documentaire. La musique, bien qu'elle soit souvent perçue inconsciemment, à un rôle primordial dans l'élaboration d'un film : elle conditionne la réceptivité aux images.
Lars Von Trier a choisi de réaliser son film sans musique pour que le spectateur prenne conscience du mécanisme intellectuel que déclenche son écoute. Le film est tellement peu commun dans sa réalisation que l'on ne peut anticiper sur la suite de l'histoire, même si celle ci est très simple : la musique n'est pas présente pour nous aider à avancer dans le scénario, on est surpris à chaque nouveau plan.
Le spectateur se trouve dérangé par le silence musical qui accompagne le peu de mouvement de l'image : il est obligé de réfléchir sans cesse et de craindre l'image qui va suivre. Lars Von Trier laisse le doute s'installer en prolongeant ses plans exagérément : ce sont les images qui rythment le film.
Tout est mis en œuvre pour agacer le spectateur car même les dialogues sont désagréables : la voix de Selma (peut être seulement en version française) est tremblante, elle murmure presque des phrases mal construites. Lars Von Trier veut rendre son histoire véridique en mettant vraiment Selma dans la position d'une émigrée tchèque aux Etats-Unis : elle connaît peu de monde et ne maîtrise pas la langue. Dans des films banals, on ne ressent pas autant d'attachements pour le héros, mis en valeur par de la musique et de beaux décors : les quelques dialogues, dans lesquels Selma ne prononce que des morceaux de phrases montrent à eux-seuls les difficultés pour elle de trouver une issue à son problème. Les dialogues se rapprochent pourtant de rapports réels entre des personnes qui se connaissent peu, les regards jouant plus que les paroles. Malheureusement, Selma subit les regards sans pouvoir les affronter, ce qui donne lieu à des dialogues hésitants. Ne voulant pas dévoiler son argent et ses projets, elle s'efforce de répondre aux questions simplement, par des phrases creuses. Les silences pesants font s'impatienter les spectateurs qui attendent des réactions de Selma (lorsqu'elle se fait renvoyer par exemple), mais ils sont enfermés dans le secret qu'il partage avec l'héroïne.
En réalité les silences ne sont que relatifs car Lars Von Trier sait bien qu'il serait trop aisé de faire un film qui ne s'appuie que sur des images, certes de qualités, mais qui ne suffisent pas à elles seules. Il a donc opté pour une ambiance sonore qui accompagne Selma : les bruitages de la vie commune (machines, objets qui s'entrechoquent…) contribuent à donner son aspect documentaire au film, la vie de tous les jours décrite sous sa forme la plus simple. Comme Selma est aveugle, ce sont des bruits nous paraissant anodins, qui la guident dans ses déplacements (elle suit les rails de chemin de fer la nuit, appelle pour savoir si quelqu'un est près d'elle…) : Lars Von Trier nous force à faire attention aux bruitages pour que l'on puisse percevoir la vie comme Selma.
La trame sonore utilisée dans "Dancer In The Dark" est certes dérangeante, mais elle nous permet de prendre conscience des mécanismes utilisés dans le cinéma pour guider le spectateur, et lui faire ressentir les émotions du héros. Lars Von Trier essaie de nous instruire en nous disant que l'on peut faire imaginer ce que l'on veut aux spectateurs en mettant les plans du film en musique.
Pourquoi Björk a-t-elle été appelée pour réaliser la bande originale s'il n'y a pas de musique dans le film ? L'actrice principale a composée les chansons pour les scènes de comédie musicale : elle les chante dans le film, en incarnant Selma.
La musique de Björk est très particulière car elle s'appuie surtout sur le rythme : les béats électroniques ne sont pas couverts par les autres instruments, ce qui rend la musique inconsistante au premier abord. Pour son album : "Selmasongs", la musique est entièrement électronique avec des mélodies douces, lentes, inspirées de la musique classique européenne. Les comédies musicales sont annoncés par le réalisateur : les images se figent et seuls les bruitages subsistent pour ensuite s'intensifier et déboucher sur les scènes de joie. Les bruitages sont rythmés et servent ensuite de mesure lorsque Selma chante (machines à l'usine, locomotive, crayon au tribunal…). La transition sonore inclut réellement les comédies musicales dans le film. Les rythmes percutants de la musique se répètent et entraînent le spectateur : plusieurs rythmes d'instruments différents se chevauchent pour créer des mesures lancinantes.
L'importance des percussions a été inspirée par le "stomp", style de musique moderne qui consiste à tambouriner, taper entre eux des objets communs (poubelles, casseroles…) pour donner un rythme énergique.
Dés le début du film, lors de la première séquence, on est captivé par le rythme de la musique qui accompagne les images indéfinissables : inconsciemment, on est imprégné de chaque béat alors que l'on croit être attentif aux images. Celles-ci s'enchaînent si vite qu'on n'a pas le temps de les imprimer, contrairement aux pulsations qui s'enchaînent d'une manière répétitive.
Mais la première séquence n'est pas accompagnée de parole, ce qui est le cas dans les comédies musicales suivantes. Selma qui parle peu durant le film, s'exprime complètement pendant les scènes ou elle chante, c'est pourquoi on a du mal à imaginer que c'est le même personnage, tellement le contraste est grand. Elle parait à l'aise lorsqu'elle est dans la petite salle ou elle répète les scènes de comédie musicale, c'est l'endroit ou elle ose prendre la parole.
Lars Von Trier réalise un hommage à la comédie musicale, style apprécié au début du siècle (qui revient aujourd'hui), en exprimant la pensée de Selma au travers de ces scènes. Les paroles chantées par Selma sont en réalité la façon dont elle perçoit le monde, simplement et dans la joie collective. Björk a une façon particulière de chanter, on croit qu'elle chante sans se soucier du rythme de la musique, elle parle, hurle parfois, mais l'ensemble est attirant (à condition d'apprécier). Le peu de parole dans ses chansons, prononcées avec un débit réduit, est poétique et reste en tête, notamment lors de la séquence du train, où elle est interprète avec Thom Yorke de Radiohead le titre "I've Seen It All".
Bien que paraissant peu riche, Lars Von Trier a réalisé une bande sonore qui va parfaitement avec son film : elle entretient le rythme lent, l'enfermement et nous permet de nous identifier un peu plus à Selma. Les scènes inattendues de comédies musicales montrent le monde joyeux que s'imagine l'héroïne en mettant en avant les talents de la chanteuse et actrice Björk.
On connaissait Björk la chanteuse mais on ne connaissait pas du tout Björk l’actrice. En effet cela étonna beaucoup de monde lorsque l’on a vu Björk se mettre dans le septième art. Tout a commencé en 1965 lorsque Björk est venue au monde à Reykjavik sur l’île islandaise. Dés l’âge de 23 ans, avec son groupe les "Sugarcubes" dont elle fût chanteuse, elle sortit un album puis très vite elle se lança dans une carrière solo avec en 1995 son première album intitulé "début ". Cette album fut tout de suite un succès énorme en Europe. Elle enchaîna rapidement sur un deuxième album en 1997 : "post". En 1997, elle décide de se séparer de son producteur pour travailler avec Mark Bell. Ensemble ils produisent un album plus électronique qui fut un grand succès car ce nouveau style était révolutionnaire.
Quelques années plus tard, en 2000, on lui propose de faire une musique de film. On, c’est un réalisateur danois qui s’appelle Lars Von Trier qui a pour projet de faire un film, parlant entre autre de comédie musicale. Lars Von Trier est tout comme Björk assez décrié dans sa profession car ils ont tous deux un fort caractère. On se souvient de Björk qui s’en prend violemment à une journaliste qui lui a posé une question peut être trop blessante. Lars Von Trier eut également beaucoup de critiques négatives pour ses films jugés trop diffèrent des films hollywoodiens.
Lars Von Trier a donc fait appel à Björk pour concevoir les différentes musiques du futur film. Une fois la bande originale conçue, le réalisateur a demandé à la chanteuse et compositrice de jouer le rôle de Selma. Björk a immédiatement refusé car elle ne se sentait pas capable et ne voyait pas l’intérêt de le faire. Le réalisateur danois a menacé de ne pas sortir son film si elle n’acceptait pas le rôle. Contrainte et forcée, elle finit par accepter et ainsi elle joua le rôle de Selma, une jeune émigrée tchèque qui devenait aveugle.
Björk pour sa première expérience au cinéma surprit tout le monde car, de plus, elle jouait d’une merveilleuse façon son rôle difficile. D’ailleurs pour ce rôle, elle reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes en l’an 2000. Malgré ce succès énorme, elle déclara, quelques jours après la remise de sa récompense, qu’elle ne voulait plus faire de cinéma car elle fut très déçue de ce qu’était le cinéma.
Lars Von Trier a été primé en 2000 à Cannes pour son film "Dancer In The Dark", encore une fois grâce à son talent et son envie d'innover. Il a su tirer le meilleur de ses acteurs en les laissant improviser certaines scènes : notamment Björk. Les plans atypiques et l'absence de musique, entrecoupés de comédie musicale font passer aux spectateurs des moments d'ennui, de tristesse, d'agacement ou de plaisir. Certains seront choqués, d'autres enthousiasmés par le style inimitable d'un réalisateur danois qui n'a pas fini d'étonner.

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